Mon parcours artistique

D'après l'interview de Frederic Cubas-Glaser

 

" Né en Pologne en 1961, je m’intéresse à l’art depuis mon enfance. Après mes études à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, j'ai découvert en arrivant en France de nouvelles formes d'expression artistique. Mes études classiques m’ont apporté une solide formation de base, et m’ont donné le goût du symbole et de la métaphore suite à un travail approfondi sur «L’Affiche polonaise». Mais mon arrivée en France a fait évoluer de façon déterminante mon chemin artistique. J’ai fréquenté assidûment les expositions d'art contemporain et la bibliothèque de Beaubourg. J'étais fasciné par des artistes comme Calder, Tinguely, Nicky de Saint Phalle, César et Toni Grand ainsi que par Giuseppe Penone et les artistes du mouvement " l'arte povera ". J'ai vu le potentiel des matériaux de récupération, matériaux bruts à apprivoiser, et cela a ouvert un nouvel axe dans mon art.

 

 Ma première exposition en France fut en 1995 à Ivry-sur-Seine où, dans le parc d’une galerie, déjà inspiré par l’espace et l’environnement naturel, j'ai présenté des "Fleurs géantes" en tiges métalliques et grillage. Cette exposition avait pour nom : «Transformation». Dans mon jardin-atelier, à Montmartre, j'ai utilisé pour la première fois les branchages d'un arbre élagué pour édifier des structures représentant des ailes et des cocons. La matière végétale est devenue omniprésente dans mes créations, utilisée pour les structures ou bien en inclusion dans des membranes transparentes. Elle fait écho à la forêt de mon enfance au bord de la mer Baltique, l'environnement naturel où j'ai grandi, espace de liberté.

 

 En exposant mes sculptures monumentales pour diverses manifestations, au Jardin des plantes de Paris lors de la 6ème biennale européenne de sculpture, devant l’Arc de Triomphe, dans des parcs et jardins, une évidence s’est progressivement imposée : l’espace constitue une composante essentielle de mon œuvre. Grâce à mes rencontres avec certains artistes comme Nils Udo, Dominique Bailly, Teruhisa Suzuki, Wela ou Marie-Hélène Richard, ma recherche personnelle a trouvé un écho dans le mouvement du Land-art, qui intègre dans sa démarche l'espace et l'environnement.

 

Parallèlement aux sculptures monumentales, je reviens à des formes plus intimes avec des réalisations de petit format, travaillant toujours les matériaux végétaux, branchages, brindilles et bois, dans une recherche de création toujours plus libre. Les œuvres murales expriment une volonté de dépassement des limites (voir la série «dépasser un cadre»). L’association de branches et de brindilles, peintes en noir, permet d’obtenir des dessins, qui jouent avec leurs ombres portées et modifient la structure originelle.

 

 Parfois abstraites ou symboliques, mes sculptures évoquent des animaux, des papillons, le monde floral, ou bien suggèrent des sensations comme l'envol, l'enfermement, la liberté. Elles prennent réellement sens dans leur rencontre avec le public, mises en scène lors d'expositions ou d'installations. Elles provoquent chez le spectateur une émotion, une sensation, un questionnement, sollicitant sa sensibilité et sa réflexion. Un dialogue peut alors s'ouvrir. "

 

 

"Le qu4tre", Argenteuil, 1998

Sur le toit du " Qu4tre ", Argenteuil, 1998

 

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